Transformer la paille de blé en panneaux isolants pour les bâtiments : c’est le pari de Fibraterre, une jeune entreprise installée à Oissel, près de Rouen. Créée en 2024, elle vient d’annoncer une levée de fonds de 1,8 million d’euros pour développer sa première unité industrielle. Objectif : valoriser 3 000 tonnes de paille par an à l’horizon 2030. Le procédé repose sur la compression à froid de paille de blé, sans résine ni colle. Les panneaux obtenus sont destinés à l’isolation des constructions neuves et à la rénovation énergétique, notamment pour les bâtiments à ossature bois. Cette technique permet de valoriser un coproduit agricole tout en limitant le recours aux matériaux issus de ressources fossiles.
Le tour de table réunit UTC Alumni & Side Angels, Normandie Participations et Bpifrance, avec le soutien de l’Ademe, de la Région Normandie et de l’Union européenne, à travers le Fonds pour une transition juste. Les financements doivent permettre d’automatiser la production, d’obtenir les certifications nécessaires et de développer un réseau de distributeurs. Fibraterre souhaite également nouer des partenariats avec les agriculteurs normands pour sécuriser son approvisionnement. Cette industrialisation pourrait contribuer à structurer une filière régionale de matériaux biosourcés, associant agriculture, industrie et bâtiment, tout en répondant aux besoins de rénovation énergétique.

