Table ronde 1

La Seine, espace de vie et de ville : enjeux d’urbanisme et d’aménagement durable des rives de la Seine

Le GIEC Normand a mis en évidence les impacts à moyen et long terme du changement climatique dans la Vallée de la Seine : « Dans les basses vallées littorales (estuaires), nous devrions observer une augmentation de la fréquence et de l’intensité des inondations liée aux concomitances entre différents phénomènes que sont l’élévation du niveau marin, les précipitations intenses, les crues de rivières, les crues de nappes, les tempêtes et submersions et la marée ».

Cette évolution climatique impacte directement les stratégies d’urbanisme et d’aménagement des rives et de la vallée de la Seine. Avec des conséquences directes sur la construction immobilière (logements et infrastructures), les activités industrielles et économiques, la biodiversité, la préservation des petits et grands cycles de l’eau. Certaines zones côtières et berges du fleuve pourraient devenir impraticables, voire disparaître, tandis que d’autres, épargnées, pourraient profiter d’un regain d’intérêt inattendu.

Chacun convoite ces espaces stratégiques… mais fragiles. Il est urgent d’identifier les enjeux d’urbanisme et d’aménagement durable des rives de la Seine ; de repenser le rapport terre-fleuve et de faire évoluer les documents d’urbanisation et de planification stratégique (ScoT…).

Les entreprises comme les collectivités locales vont évoluer dans un nouvel environnement législatif : le décret « zéro artificialisation des sols » conduit à repenser la végétalisation en compensation. Les nouvelles dispositions de l’ADEME vont relever le seuil de financement pour atteindre 100 % d’énergies renouvelables dans les projets énergétiques et les réseaux de chaleur urbaine en particulier. Enfin, le décret tertiaire et les nouvelles chartes de construction vont amener à redéfinir la manière de construire à l’aune du réchauffement climatique et des objectifs 2030 du GIEC.

Contributeurs

Marie Atinault, consultante Climat, énergie, air

Gabriel Franc (groupe Franc architecture) : quels impératifs à prendre en compte pour les architectes et aménageurs ?

Joachim Moyse (Maire de Saint-Étienne-du-Rouvray) : quelles sont les attentes d’une ville de bord de Seine, qui compte de nombreuses friches sur Seine-Sud et espère leur requalification ?

Michel Leprêtre (Président Grand Orly Seine & Bièvre) : quels projets d’aménagement sont possibles en bord de Seine en amont de Paris ?

Table ronde 2

La Seine, vecteur de transport durable et décarboné : comment renforcer les synergies entre les modes de transport ?

Le transport fluvial de marchandises a démontré toute la résilience de ce mode, même dans un contexte de crise sanitaire. Pour autant, la Seine est un axe encore sous-utilisé : après une année 2019 en très forte croissance sur le bassin de la Seine (+ 10,4% en volumes avec 23,7 millions de tonnes transportées), le transport fluvial a enregistré en 2020 un tassement de 10 % (21,37 millions de tonnes transportées). C’est, malgré tout, plus d’1 million de camions évités sur les routes ! De même que les grands ports ont su améliorer fortement leur qualité de service et réduire les délais, les acteurs du fluvial et du ferroviaire doivent aussi développer une offre complémentaire attractive, en optimisant les ruptures de charges entre les deux modes de transports et en travaillant sur la décarbonation des chaînes logistiques.

Pour autant, la Seine manque d’infrastructures ferroviaires capables de supporter un fort développement des territoires. Enfin le transport routier reste stratégique, autant pour ses enjeux de décarbonation que pour son aspect incontournable dans les premiers et derniers kilomètres de la chaîne logistique. Il y a urgence à agir pour répondre aux défis que constituent l’ouverture du Canal Seine Nord en 2028 et, à Anvers, la construction de la plus grande écluse du monde, une nouvelle darse sur la rive gauche de l’Escaut, ainsi que la mise en service d’une méga usine de production d’hydrogène.

Contributeurs

Bertrand Bellanger (Président du Département de Seine-Maritime et Vice-Président de l’Association des départements de l’Axe Seine) : comment les départements de l’Axe Seine appréhendent-ils la question du transport durable via la Seine ?

Stéphane Barré (Président du Smedar) : comment utiliser la Seine autrement pour les besoins du Smedar ?

Kris Danaradjou (Haropa port) : quelles synergies sont possibles entre les différents modes de trans- ports ? Comment Haropa le prend en compte dans les futures infrastructures des ports ?
Baptiste Bauza (CGT Cheminots Normandie) : quels investissements sont nécessaires pour favoriser le fret ferroviaire aujourd’hui en recul ?

Jean-Baptiste Gastinne (Vice-président Région Normandie) : comment la région Normandie se positionne-t-elle sur ses sujets (réouverture de Serqueux-Gisors, LNPN) ?

Dominique Ritz (VNF, Directeur territorial du Bassin de la Seine et Loire aval) : que propose VNF pour développer le transport fluvial sur la Seine ? Quelles aides, quels accompagnements ? Quelles infrastructures pour favoriser la décarbonation du transport.

Jean-Michel Genestier (Conseiller métropolitain du Grand Paris délégué à la logistique).

Table ronde 3

La Seine territoire d’industrie : comment assurer le développement de l’industrie en réponse aux enjeux de production, d’environnement et de décarbonation ?

Trois ans après l’incendie catastrophique de l’usine Lubrizol, comment concilier souveraineté industrielle, emploi, aménagement urbain et respect de l’environnement ?

Repenser l’industrie et son développement dans les territoires, c’est apporter des solutions globales aux besoins énergétiques, alimentaires, etc. C’est aussi avoir la main sur l’ensemble d’un cycle de production pour une efficacité environnementale maîtrisée.

Parmi les objectifs prioritaires : le développement économique et la réindustrialisation. Au-delà des grands complexes industriels, notamment autour des ports, la Vallée de la Seine compte encore de nombreuses friches qui sont autant d’opportunités de redéploiement d’activités économiques avec un impact positif attendu sur l’environnement et l’emploi local.

Réindustrialiser et re-localiser la production, c’est aussi réinterroger l’industrie et son intégration dans une aire urbaine d’où elle a disparu au fil des ans. De nombreuses entreprises industrielles souhaitent poursuivre leur activité, voire envisager leur développement en bord de Seine à Gennevilliers ou au Havre. À Rouen par exemple, d’importantes réserves foncières à proximité du fleuve attendent leur reconversion, au niveau de Saint-Étienne-du-Rouvray, Oissel et Petit-Couronne (ancien site de Pétroplus). Elles peuvent compter sur une main-d’œuvre qualifiée, une culture du risque industriel partagée par la population et de nombreuses friches.

Contributeurs

Régis Saadi (Président d’Upside) : comment les entreprises industrielles de Rouen voient-elles leur avenir dans les bouches de la Seine ?

Eric Sammut (Directeur régional Normandie de TOTAL Energies) : comment Total appréhende les enjeux d’énergie décarbonée, alros que la plateforme de Normandie est la plus grande plateforme française du Groupe ?

Patrice Leclerc (Maire de Gennevilliers) : pourquoi défendre l’industrie sur le port de Gennevilliers ?

Frédéric Moulin (Délégué territoral Val de Seine GRT Gaz) : comment produire du gaz renouvelable dans les territoires ?

Julien Lambert (FNME CGT) : quels sont les enjeux de production énergétique sur l’Axe Seine ?

Jean-Paul Lecoq (Député du Havre) : quelles sont les conditions d’acceptabilité d’une présence de l’industrie en bord de Seine ?

Adeline Gautier-Lescanne (DG du groupe Nutriset) : quel atout représente le port pour le développement de Nutriset ?

Alexandre Lavissière (Président de Logisthinker & professeur associé à Kedge Business School) : les ports francs un outil pertinent pour relancer l’Axe Seine ?